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Article Sud-Ouest – 12/05/2013 – Michel Monteil

Foire de Bordeaux : cartes, palets, jetons et pions se jouent de la crise

Ferti est le seul éditeur de jeux d’Aquitaine. Certaines de ses créations seront les invitées de la Foire de Bordeaux.

Foire de Bordeaux : cartes, palets, jetons et pions se jouent de la crise
Pour Cédric Huet, les jeux doivent être non seulement distrayants mais aussi beaux. © Photo

PHOTO THIERRY DAVID

 

 

 

Les bureaux de Cédric Huet, le patron, et de Rodolphe Pueyo, le webmaster, sont loin de l’image habituelle du lieu de travail de dirigeants d’entreprise. Avec des palets, des cartes, des figurines, des plateaux en bois ou colorés, des statuettes, des pions, des jetons, le tout posé sur des meubles ou débordant de cartons, le siège de Ferti ressemble à une vaste salle de jeu qui ferait le bonheur des enfants et de tous ceux qui ont gardé l’esprit joueur.Le local est presque anonyme, installé au milieu d’une zone d’activité de Mérignac. À l’image des grands noms du secteur, comme Dujardin, Nathan, Mattel, Ravensburger, Duplo et autres Hasbro, Ferti est un éditeur de jeux. Le catalogue de cette PME girondine en compte une quarantaine, aux noms aussi divers et évocateurs que Passe-Trappe, Siam, Pirate Adventure, Calypso, Crokinole ou Déclic. Certains d’entre eux seront présents à la Foire de Bordeaux (lire ci-dessous).Tour de France en camion Les jeux de société pour un public de « 6 à 106 ans », ainsi que le mentionnent certaines boîtes signées Ferti, se moquent de la crise. « Notre chiffre d’affaires a augmenté de 60 % depuis le début de l’année, nous vendons entre 75 000 et 80 000 boîtes de jeu par an », explique Cédric Huet, 42 ans, président fondateur de Ferti, tout en présentant à son visiteur les esquisses graphiques de nouvelles cartes.Cet autodidacte, entrepreneur dans l’âme, a commencé son aventure ludique en 2001 en région parisienne. Il rachète alors à un créateur grenoblois le jeu La Table à l’élastique, le rebaptise Passe-Trappe, le fait fabriquer dans le Jura. Et il fait la tournée des magasins de jeux. « Je me suis lancé avec beaucoup, non pas de naïveté, mais de témérité, dit-il, j’y ai mis toutes mes économies. » Il parcourt la France avec son camion, se lie d’amitié avec les responsables de magasins : « Un milieu cool, des gens ouverts. »Lancé en octobre 2001, Passe-Trappe nécessite un réassort dès décembre. Cédric Huet lance un second jeu, Pitch, né en Allemagne mais qui n’a plus d’éditeur. Ferti y gagne une renommée internationale, notamment outre-Rhin, le premier marché d’Europe.

En 2005, en plein essor, Ferti s’installe en région bordelaise, où Cédric Huet a rencontré son épouse. « Les auteurs sont venus nous voir, avec des idées, des fiches, des règles de jeu, parfois des prototypes », raconte le jeune entrepreneur. Déclic, par exemple, a été créé par un professeur des écoles de Dordogne. Lequel, succès aidant, a signé d’autres jeux.

Le flair, l’adresse, le bluff En présence de ces propositions, l’important est de ne pas se tromper. « Mon premier critère de choix ? Le flair ! » dit Cédric Huet, qui a longtemps participé à des compétitions de jeu de dames. Le fait que le jeu fasse appel à l’adresse ou au bluff est un des éléments de sélection. « Il faut que ça puisse amuser chaque personne, pas seulement le spécialiste », dit-il. La règle doit être simple, le jeu tenir dans la durée.

L’économie impose aussi des choix : Ferti doit concilier son désir de la qualité de fabrication et un prix de vente accessible. Éditeur, Ferti sous-traite la fabrication de chacun des éléments (cartes, jetons, modes d’emploi, boîtes, plateaux en bois…) à des artisans spécialisés installés en France, Allemagne, Italie, Espagne ou Portugal. « Pour certains jeux, nous avons jusqu’à dix fournisseurs différents », dit-il. Le conditionnement final est confié à l’Esat (établissement et service d’aide par le travail) Les Ateliers Saint-Joseph, à Mérignac.

Les jeux Ferti se retrouvent en magasin (Éveil et Jeux, Descartes…) à des tarifs allant de 10 à 160 euros. Pas le droit à l’erreur quand on en fait fabriquer entre 30 000 et 40 000 exemplaires. « On apprend beaucoup de ses échecs. Mon dernier vrai échec, c’était en 2004 ; depuis, plus rien… », commente Cédric Huet. Et ce n’est pas du bluff.

 

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